CHU de Nantes : les électrochocs au secours de la dépression

Au CHU de Nantes, on soigne aussi les dépressions avec des séances d’électrochocs, plus précisément par sismothérapie. Jeanne, une patiente, raconte les bénéfices de ce traitement.

Une partie de l'équipe du CHU de Nantes qui réalise des séances d'électro convulsivothérapie.

Une partie de l’équipe du CHU de Nantes qui réalise des séances d’électro convulsivothérapie. | D. R.

Témoignage

Jeanne sourit derrière ses lunettes. Elle ne tient pas à apparaître en photo. Elle parle par petites touches, en cherchant ses mots parfois. « Ma vie était devenue insupportable. Tout était lourd, compliqué. Je n’appréciais plus rien. Cette dépression a peut-être été provoquée par le fait qu’à l’époque, j’allais voir tous les jours ma belle-sœur qui était très très malade. Elle était très fatiguée. L’état de santé de ma sœur aussi me préoccupait. Elle avait des problèmes de mémoire. »

Des traitements médicamenteux

Un jour, la dépression l’envahit. À un point tel, qu’elle appelle SOS médecins. Départ d’une prise en charge qui passe par l’hôpital Saint-Jacques, à Nantes. « J’ai eu un traitement médicamenteux. »

Mais son état ne s’améliore pas vraiment. Elle maigrit. En troisième recours, les médecins lui proposent alors des séances d’électrochocs. Ou plutôt de sismothérapie que l’on appelle électro-convulsivothérapie et que l’on désigne sous l’acronyme ECT.

L’électro-convulsivothérapie se fait sous anesthésie générale et sous curare, pour relâcher les muscles. Le médecin applique deux électrodes sur le front du malade et envoie un stimulus électrique. Ce choc faible et très bref provoque une brève crise convulsive généralisée. Bref, une épilepsie. Cela contribue à restaurer le fonctionnement de zones cérébrales abîmées par la dépression (comme l’hippocampe, le cortex frontal…).

« J’ai retrouvé le goût et la joie de vivre »

Le traitement donne très vite d’excellents résultats. Au total Jeanne a eu 10 séances, avec un rythme de deux par semaine pour les huit premières. « Je me suis sentie reprendre pied. Aujourd’hui, j’ai retrouvé le goût et la joie de vivre. » Elle a repris des activités dans des associations humanitaires. Dans son cas, la réponse au traitement a été très rapide, opine le Dr Édouard Laforgue.

Jeanne reste sous médicament mais à dose beaucoup plus faible. Et les ECT sont terminés, alors que pour certains patients, des séances de prévention sont programmées à raison d’une par mois pour éviter une rechute.

Si aujourd’hui elle se sent beaucoup mieux, en revanche, elle a oublié les premières séances. « J’ai une période blanche, sans souvenir. » Ces pertes temporaires de la mémoire sont un effet secondaire connu et largement décrit. Selon les praticiens, ils sont dus tout autant à l’ECT qu’à la maladie et aux médicaments.

SOURCE

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