Trouble bipolaire : un mécanisme de la perturbation des rythmes circadiens identifié

Les anomalies des rythmes circadiens chez les personnes atteintes de trouble bipolaire sont liées à des changements dans des neurotransmetteurs spécifiques, selon une étude publiée dans la revue Biological Psychiatry.

Harry Pantazopoulos de l’Université Harvard et ses collègues ont analysé les cerveaux post-mortem de 15 personnes en santé, 15 personnes atteintes du trouble bipolaire et 12 personnes atteintes de schizophrénie afin de vérifier le rôle de la somatostatine, une protéine qui agit comme neurotransmetteur, dont l’implication dans le trouble bipolaire a été suggérée par des études précédentes.

Dans l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans le stress et l’anxiété, la somatostatine joue un rôle important dans la régulation de l’anxiété et la dépression qui sont souvent présentes dans le trouble bipolaire.

L’étude montre que :

  • Les neurones immunoréactifs qui utilisent la somatostatine sont moins nombreux dans l’amygdale des personnes atteintes de schizophrénie et de trouble bipolaire.
  • L’expression de la somatostatine dans l’amygdale correspond à un rythme circadien.
  • Cette expression circadienne de la somatostatine est altérée chez les personnes atteintes d’un trouble bipolaire.

Cette fonction circadienne altérée consiste en une forte diminution de l’expression de la somatostatine en début de matinée comparativement à une hausse chez les personnes en bonne santé, indique le chercheur.

La diminution du neurotransmetteur dans les neurones de l’amygdale est en corrélation très forte avec la sévérité de la dépression et de l’anxiété chez les personnes qui souffrent de troubles de l’humeur, précise-t-il.

Bien que l’étude confirme ce que de nombreux chercheurs soupçonnaient depuis longtemps, le chercheur est prudent avant de tirer des conclusions. « Nous n’en sommes qu’au début de notre apprentissage du rôle biologique de l’expression rythmique de ces protéines et de comment ces processus sont perturbés dans les troubles psychiatriques. Nous avons un long chemin à parcourir, car la présente étude ne porte que sur une région du cerveau et une protéine spécifique. »

Pantazopoulos a récemment lancé une nouvelle étude qui porte sur les neurotransmetteurs ainsi que les gènes de l’horloge biologique dans les noyaux suprachiasmatiques de personnes atteintes de trouble bipolaire et de personnes en santé.

Des études sur les animaux ont montré qu’il est possible de traiter le rythme circadien des noyaux suprachiasmatiques en utilisant la luminothérapie. Il serait éventuellement possible de corriger les anomalies des rythmes circadiens de l’amygdale – en réinitialisant le rythme circadien avec luminothérapie, estime-t-il.

Psychomédia avec sources : McLean Hospital (Harvard), Biological Psychiatry.
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