Burn out : le ministère semble suivre les recommandations de l’Académie de Médecine- JIM.fr

Paris, le lundi 22 février 2016

–Depuis quelques années, la « reconnaissance » du « burn out » au titre des maladies professionnelles est un combat mené par plusieurs organisations, soutenu par certains hommes politiques dont le député Benoît Hamon. Après avoir tenté d’obtenir gain de cause au moment de l’examen de la loi sur le dialogue social, sans y parvenir totalement, le député vient en effet de déposer une proposition qui vise à aller plus loin que la nouvelle loi dans la facilitation de la reconnaissance au cas par cas de l’implication première des conditions de travail dans les troubles psychiques développés.

Mais c’est quoi ?

Ces initiatives qui paraissent être une prise de conscience des dysfonctionnements managériaux qui seraient légions dans de nombreuses entreprises (et services publics) font cependant l’économie d’un préalable pourtant indispensable : qu’est-ce que le « burn out » ? On semble ranger derrière ce terme une si large palette de symptômes et de situations professionnelles que sa définition apparaît impossible (et dès lors plus complexe l’établissement d’un lien entre les troubles constatés et les conditions de travail). C’est ce qu’ont constaté les membres de l’Académie de médecine qui ont rendu un rapport sur le sujet la semaine dernière. « L’expansion du terme « burn out » est une source de confusion en raison des limites imprécises de cette réalité » écrivent les sages en introduction. « Les nosographies médicales ne mentionnent pas le burn-out. Celui-ci peut s’apparenter soit à un trouble de l’adaptation, soit à un état de stress post traumatique, soit à un état dépressif. Il peut aussi désigner un tableau de désarroi psychologique d’intensité infra clinique à celle qui est requise pour désigner une pathologie caractérisée », ajoutent les sages. Cette imprécision concerne également l’épidémiologie, qui s’appuie sur des «données (…) à ce jour très insuffisantes » constatent encore les sages. Concernant les facteurs professionnels éventuellement en cause, là encore les précisions font défaut : «les études manquent pour apprécier le poids de chacun des facteurs» avancés, observe l’Académie.

Un sujet oublié du ministère de la Santé

Cette situation est sans doute l’une des conséquences d’un certain désinvestissement du ministère de la Santé sur cette thématique. Après avoir rappelé le retard français concernant «la prise en compte des risques psychosociaux», (bien que la France fût une « pionnière (…) avec l’identification et la description au milieu du 20ème siècle d’une véritable psychopathologie du travail »), les sages déplorent : « le Ministère de la Santé paraît avoir délaissé cette question de santé publique ». Dès lors, les académiciens ont formulé une série de recommandations, qui n’échappent pas elles aussi à une certaine confusion. Ainsi, après avoir invité à éviter l’usage extensif du terme confus de burn out, ils constatent : « Une collaboration entre médecine du travail et management de l’entreprise doit être institutionnalisée dans une démarche de prévention du burn out » ! Confirmant eux-mêmes la difficulté de se défaire de l’emprise de ce terme, en dépit de son imprécision, les sages justifient la nécessité d’une nouvelle réflexion sur cette question dont l’objectif sera « l’établissement de critères cliniques, l’identification des mécanismes physio et psychopathologiques et en conséquence de modalités préventives et thérapeutiques de l’épuisement professionnel ». En tout état de cause, avant la réalisation d’un tel travail, toute législation apparaît prématurée, a notamment prévenu Jean-Pierre Olié, co-auteur du rapport publié par l’Académie de médecine.

Marisol Touraine attentive à la recommandation des sages

Le message semble avoir été entendu par le ministre de la Santé, qui interrogée hier sur cette question lors de sa participation à l’émission Le Grand Jury RTL-Le Monde a annoncé la mise en place prochaine d’un groupe de travail invité à établir une définition « médicale du burn out ». « Il est temps de regarder les choses en face. La souffrance au travail, c’est une réalité que l’on ne peut plus escamoter. Benoît Hamon a raison d’alerter sur ce sujet, mais avant d’en faire une maladie professionnelle, il faut définir ce qu’est cette maladie » a-t-elle déclaré.

Aurélie Haroche

Source : JIM.fr – Burn out : Marisol Touraine suit les recommandations académiques

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