En France, hausse de la consommation 2015 pour les antidépresseurs et diminutions pour les tranquilisants et les somnifères (chiffres de la Caisse nationale d’assurance maladie)

Selon un rapport de la Caisse nationale d’assurance maladie

  • Le nombre de remboursements des anxiolytiques tels que le Lexomil et le Xanax a même diminué de 1,42% par rapport à 2014.

  • La consommation de somnifères a elle aussi chuté de 3,26 % en l’espace d’un an.

  • En revanche, les antidépresseurs enregistrent une hausse de 0,67% par rapport en 2014.

Ce rapport comprend les produits princeps et génériques de l’ensemble des médicaments destinés à soigner l’anxiété, à l’exception du zolpidem et du zoplicone, deux molécules fréquemment utilisées comme des analogues des benzodiazépines.

Interrogée par Le Point, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) a transmis ses statistiques sur les médicaments remboursés traitant l’anxiété. En 2015, le nombre de boîtes de benzodiazépines anxiolytiques – autrement dit de « tranquillisants » tels que Temesta, Lexomil, Seresta ou  Xanax – a diminué par rapport à 2014, précisément 702 999 boîtes en moins. Soit 48 974 172 en 2015, contre 49 677 171 en 2014, ce qui équivaut à une baisse de 1,42 %.

Le nombre de boîtes de benzodiazépines hypnotiques – des « somnifères » tels que Noctamide ou Havlane – remboursées en 2015 en comparaison de l’année précédente a lui aussi diminué : 219 935 boîtes en moins (6 511 693 en 2015, contre 6 731 628 en 2014), soit une baisse de 3,26 %. Seuls les antidépresseurs inhibiteurs de recapture de la sérotonine, ainsi que la Venlafaxine, ont été légèrement plus prescrits et consommés puisque le nombre de boîtes remboursées a progressé de 222 718 unités (33 660 173 en 2015, contre 33 437 455 en 2014), soit plus 0,67 %.

Ces résultats portent sur l’ensemble des produits, princeps et génériques, appartenant aux trois classes thérapeutiques classiquement indiquées dans le traitement médicamenteux des troubles anxieux. Il manque toutefois deux molécules hypnotiques très utilisées (zolpidem et zopiclone), qui ne sont pas de vraies benzodiazépines mais des analogues. Les données couvrent l’ensemble des assurés du régime général de la branche maladie de la Sécurité sociale, en dehors des sections locales mutualistes qui assurent des étudiants et des personnels hospitaliers, de l’Éducation nationale et de la fonction publique, en France métropolitaine hors les départements d’outre-mer.

Phénomènes de compensation

Pour le professeur Antoine Pelissolo, chef de service de psychiatrie à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil et président de l’Association française des troubles anxieux et de la dépression, « la diminution de la consommation des benzodiazépines anxiolytiques se confirme entre 2014 et 2015, et surtout par rapport aux années passées. J’ai retrouvé des données relativement comparables qui indiquaient des ventes de 68,9 millions de boîtes en 1997 et 76,5 millions en 1991. Il demeure encore beaucoup d’utilisateurs de ces molécules, environ dix millions de personnes, mais, grâce à l’information sur les risques et à quelques alternatives nouvelles, cette population est en baisse ».

Intuitivement, on aurait pu penser que la gravité des événements survenus en France en 2015 participerait à l’accroissement du nombre de personnes souffrant d’anxiété pathologique. Il n’en est rien, au vu de ces données nationales portant sur l’une des deux solutions de prise en charge de ces troubles, la voie médicamenteuse. Est-ce à dire que l’autre option, celle des psychothérapies, s’y serait substituée et cacherait un nombre croissant de nouveaux anxieux ? Rien ne permet de l’affirmer.

« Ce n’est pas parce qu’une population encaisse des traumatismes répétés que ses membres deviennent automatiquement et maladivement anxieux, explique le professeur Pelissolo. Il existe heureusement des phénomènes de compensation : l’adaptation de l’humain à son environnement, la solidarité de groupe, la résilience, la résistance individuelle et collective, et bien d’autres mécanismes encore. » Des augmentations de consommation de tranquillisants ont néanmoins pu sporadiquement toucher certaines personnes en 2015, parmi les plus sensibles ou les plus exposées.

Source : Tranquilisants : la consommation a ralenti en France en 2015

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