Dépression et éducation thérapeutique. Le rôle des aidants.

Dr Jean-Christophe CHAUVET-GELINIER Psychiatre

Les troubles de l’humeur en général et la dépression en particulier demeurent des affections bio-psycho-sociales impliquant par essence le patient et son entourage. En effet ces pathologies entrainent des altérations émotionnelles ou des modifications comportementales plus ou moins marquées, néanmoins souvent sources de souffrance chronique pour les proches. Et le climat familial s’en trouve ainsi nettement bouleversé, avec des répercussions parfois profondes à l’instar de ce que Calabrese décrit dans les troubles bipolaires en constatant une multiplication du nombre de divorces par 3 dans les familles de patients, comparativement à la population générale.


Après avoir défini le terme d’«aidant» en psychiatrie, nous décrirons dans un premier temps la souffrance de ces aidants, en précisant la notion de fardeau objectif et subjectif. En effet les troubles de l’humeur déséquilibrent d’une part la vie familiale de façon objective (défaut de présence, gestion économique désordonnée, etc.) et renforcent d’autre part les préjugés à l’égard de la pathologie, des thérapeutiques ou des soignants, ne faisant qu’accentuer la souffrance des proches. Puis nous développerons alors le rôle spécifique des aidants qui accompagnent des patients souffrant de troubles thymiques, en insistant sur la nécessité de mettre en œuvre un partenariat «médecin-patient-aidant» pouvant s’instaurer lors de consultations familiales régulières informelles, ou de manière plus systématisée au moyen de séances de psychoéducation structurée.
Divers travaux de recherche ont ainsi démontré tout l’intérêt d’une approche pédagogique destinée aux aidants afin de mieux connaître la maladie elle-même, les différentes stratégies thérapeutiques ou encore les mesures sociales éventuellement associées; cette psychoéducation des aidants améliore en effet significativement de façon collatérale le traitement des troubles affectifs des patients eux-mêmes.

En conclusion, il semble crucial de rappeler que les troubles de l’humeur constituent des pathologies mettant en péril le lien familial et social qu’il convient de protéger en soutenant les aidants confrontés à des situations cliniques et humaines douloureuses, et en leur permettant de toujours garder espoir et confiance dans les soins, les soignants et le malade lui-même.

Voir l’intégralité de la communication

Source : 2013 Dépression et éducation thérapeutique – Printemps Médical de Bourgogne – Dijon

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