Les oméga-3 préservent nos neurones de l’inflammation- JIM.fr

Les travaux sur les oméga-3 se sont multipliés ces dernières années. Si l’on connait bien leur intérêt dans le domaine de la prévention cardiovasculaire, on parle moins de leur rôle fondamental dans le cerveau.

Corinne Joffre, chercheuse dans l’équipe de la neurobiologiste Sophie Layé (qui vient de recevoir le prix du défi scientifique 2015 pour son travail sur les oméga-3) fait le point sur leurs dernières découvertes dans le domaine de la neurologie et livre en avant-première leurs résultats à l’occasion des Journées Francophones de Nutrition.

Deux périodes de la vie sont particulièrement sensibles aux apports en oméga-3. La première est la période périnatale, alors que le cerveau du nourrisson est en plein développement. La seconde est le vieillissement durant lequel les taux en DHA (oméga-3 à chaînes longues) dans le cerveau diminuent et les phénomènes de neuro-inflammation augmentent. Deux périodes où la nutrition, si elle n’est pas adéquate, peut nuire au développement, ou au fonctionnement des structures cérébrales, et les rendre plus vulnérables au stress.

De nombreuses études rapportent d’ailleurs une relation entre la faible consommation d’oméga-3 à chaînes longues (ou de poissons gras) et le déclin de la fonction cognitive, des troubles de l’humeur, de la mémoire, la dépression et l’émergence de pathologies neurodégénératives.

L’équipe de Sophie Layé a voulu comprendre comment les oméga-3 pouvaient agir sur les structures neuronales. Pour cela, les chercheurs ont testé chez la souris l’effet d’une carence en oméga-3 dès la vie fœtale sur la morphologie neuronale et la survenue de troubles cognitifs. « La carence conduisait à une modification de la morphologie des cellules microgliales, macrophages résidents du cerveau ainsi qu’à une altération de leur fonctionnement puisqu’ils étaient moins mobiles », indique C. Joffre.

A cela s’ajoutaient des troubles de l’humeur, de la mémoire, de l’anxiété et une augmentation du stress. Lorsque les animaux n’étaient pas carencés en oméga-3, la situation était différente. « On n’observait pas de troubles neurologiques ni d’altération morphologique des cellules microgliales même lorsqu’une neuro-inflammation était chimiquement induite ».

Pour ces chercheurs, les oméga-3 à chaînes longues et, en particulier le DHA, ont un intérêt indéniable en neurologie et ceci pour trois raisons : ils protègent les neurones de l’inflammation cérébrale, préservent l’axe du stress de toute dérégulation et empêchent les altérations de la plasticité synaptique. Des propriétés essentielles dans la prévention des troubles de la mémoire et de l’humeur mais aussi dans le cadre de la prévention des maladies d’Alzheimer, de Parkinson ou encore de certains types de dépression, qui ont en commun une composante neuro-inflammatoire.

Cyrille Costa

Article rédigé dans le cadre de la rubrique nutrition, soutenue par Lesieur.

Le choix des sujets et la ligne éditoriale sont sous l’entière responsabilité du JIM.

RÉFÉRENCE

Joffre C : Encore une place pour les oméga-3 en neurologie (fonctions cognitives). Journées Francophones de Nutrition (Marseille) : 9-11 Décembre 2015.

Source : La psychiatrie française en revue, etc.

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