Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont-elles efficaces pour soigner la dépression?

Une nouvelle étude vient souligner l’intérêt des thérapies cognitivo-comportementales dans le traitement de la dépression. La France n’est plus championne d’Europe, mais la consommation d’antidépresseurs y reste particulièrement soutenue. Pourtant, il existe d’autres moyens efficaces pour soigner une dépression, même lorsqu’elle est sévère, comme vient nous le rappeler un travail publié début décembre dans le prestigieux British Medical Journal.

L’analyse de plusieurs études suggère en effet que les antidépresseurs de deuxième génération et les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) font jeu égal pour soigner les dépressions. Les chercheurs de l’université de Caroline du Nord ont analysé les résultats de 11 essais contrôlés randomisés comparant, chez un total de plus de 1500 patients, les antidépresseurs de deuxième génération et les TCC pour le traitement initial d’un trouble dépressif majeur. Ils n’ont trouvé aucune différence statistiquement significative d’efficacité entre les antidépresseurs et les TCC que ce soit en termes de réponse, de rémission ou encore de changement de score de dépression. «L’absence de différence statistiquement significative ne permet pas de conclure qu’antidépresseurs et TCC font jeu égal, commente le Pr Frédéric Rouillon, chef de service à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Reste que les psychothérapies cognitivo-comportementales sont, depuis longtemps, considérées comme efficaces dans le traitement des dépressions.»

Dans les pathologies les plus sévères, elles sont néanmoins rarement prescrites seules et viennent souvent en complément d’une prise d’antidépresseurs. «Lors d’une psychothérapie, le patient doit être partie prenante. Or, une personne en dépression a tendance à renoncer. Dans les cas les plus graves, il est absolument découragé, se pense incurable», explique le Pr Rouillon. En revanche, une fois que le patient va mieux, il peut garder des résidus cognitifs de sa dépression. Il a appris à «penser négatif». La thérapie cognitivo-comportementale peut alors l’aider à corriger ces schémas de pensée, agissant un peu comme une kinésithérapie psychique.

Pas remboursées !

Pour les symptômes d’intensité légère et modérée en revanche, des études précédentes ont montré l’efficacité des TCC et la Haute Autorité de santé recommande d’y avoir recours en première intention dans les dépressions les plus faibles. «Nous devrions toujours commencer par la prise en charge la moins dangereuse. En psychiatrie, lorsqu’on prescrit un médicament, c’est que l’on est en échec», estime le Dr Patrick Lemoine, psychiatre et auteur. Selon ce spécialiste, pour les dépressions modérées ou sévères, il serait cependant utile de disposer de marqueurs simples permettant de savoir si le patient répondra plus facilement aux TCC ou aux antidépresseurs.

«Mais il faut savoir que 8 à 10 % de la population va faire un épisode dépressif au cours de sa vie. Ce qui représente une demande de soins importante. Or, les thérapeutes formés aux TCC ne sont pas assez nombreux. Par ailleurs, les TCC ne sont pas remboursées», souligne le Pr Michel Llorca, psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand. Il est donc souvent plus facile pour le médecin traitant, principal interlocuteur des patients dépressifs, de prescrire un antidépresseur qu’une psychothérapie, aussi efficace soit-elle.

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